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Rorqual commun

Balaenoptera physalus

STATUT AU CANADA (ATLANTIQUE) : ESPÈCE PRÉOCCUPANTE
DISTRIBUTION ET ABONDANCE

Le rorqual commun du Saint-Laurent (Balaenoptera physalus) fait partie de la sous-espèce de l’hémisphère Nord, plus précisément de l’Atlantique Nord.  Cependant, ce dernier est encore classifié dans la même catégorie que le rorqual commun du Pacifique Nord même si des études métagénomiques ont permis de démontrer qu’ils sont différents.  (Cabrera et al., 2019) Ce cétacé présente une distribution mondiale, mais se retrouve surtout dans les zones subpolaires et tempérées en pleine mer, et se fait plus rare proche des tropiques. (The IUCN red list of threatened species, 2018)

 

Encore aujourd’hui, beaucoup d’incertitude entoure cette population. Cette espèce s’est vue attribuer le statut de vulnérable selon l’IUCN red list of threatened species. (The IUCN red list of threatened species, 2018) Les travaux de recensement auprès de cette population visent actuellement à faire état du nombre d’individus. Le dernier estimé de 328 individus dans le Golfe du Saint-Laurent remonte à la période de 2004 à 2010, dans laquelle une étude sur l’abondance de cette espèce impliquant des méthodes de marquage-recapture et identifications photographiques avait été faite. Dans cette même étude, il a été conclu que cette population était en déclin. (Schleimer et al., 2019)

 

Les mortalités des rorquals communs peuvent être dues à plusieurs facteurs. C’est une des espèces de baleines le plus souvent rapportée d’avoir des collisions avec des navires et est susceptible de s’empêtrer dans des engins des pêche. (The IUCN red list of threatened species, 2018) Elle est aussi affectée par la pollution acoustique et environnementale et la diminution de la disponibilité des proies. (Fin Whale - NAMMCO, n.d.)

 

Durant le 20e siècle, les rorquals communs furent ciblés par la pêche commerciale et leur nombre se vu réduit. De nos jours, les rorquals communs de l’Atlantique Nord peuvent encore se faire capturer pour le commerce du côté de l’Islande, mais ne font pas objet d’une chasse intensive. (The IUCN red list of threatened species, 2018)

 

ÉCOLOGIE ET PHYSIOLOGIE

Le rorqual commun est le 2e plus grand cétacé après la baleine bleue, de laquelle il est d’ailleurs très près du point de vue génétique. (Yu et al., 2017) C’est aussi l’espèce la plus rapide des grandes baleines et peut atteindre des vitesses jusqu’à 10 m/s. Cette adaptation explique notamment pourquoi les rorquals communs ne sont que très rarement victimes de prédation par des espèces non-humaines, comme les orques. (The IUCN red list of threatened species, 2018)

 

Le cycle de reproduction s’étend sur 2 ans. Le veau naît à la mi-hiver après 11 mois de gestation, suivi de la période de lactation qui dure 7 mois. (Fin Whale - NAMMCO, n.d.) (Borrell et al., 2016) La maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de 7-12 ans chez la femelle et de 6-10 ans chez le mâle, tandis que la maturité physique est atteinte vers l’âge de 25 ans chez les deux sexes. À ce stade, les individus mesurent de 19-21 mètres et peuvent peser entre 45-75 tonnes. Bien que la longévité ne soit pas précisément connue, on l’estime en moyenne entre 85 et 90 ans. (Fin Whale - NAMMCO, n.d.) Le temps limite aérobique théorique de plongée (Theoretical aerobic dive time limit) des rorquals communs basé sur leur réserve d’oxygène et leur métabolisme de plongée est de 28.6 minutes. Toutefois, des études ont démontré que leur temps de plongée est en moyenne de 6.3 minutes seulement. (Acevedo-Gutiérrez et al., 2002)

 

En mer, le rorqual commun est facilement distinguable grâce à la présence d’une pigmentation gris pâle en forme de chevron qui part de l’évent et qui s’étend des deux côtés de la baleine, mais qui est plus prononcée du côté droit. De plus, il présente un patron asymétrique au niveau de la tête, avec la coloration ventrale blanche qui s’étend jusqu’à la mâchoire du côté droit seulement.(Fin Whale - NAMMCO, n.d.) Le rorqual commun présente aussi des sillons gulaires sur la surface ventrale de son corps, partant du menton jusqu’à l’ombilic. Ces sillons, les muscles et le gras sous-jacents forment ensemble le VGB (ventral grooved blubber), qui sert à l’expansion de la poche ventrale lors de l’alimentation. (Vogl et al., 2017)

 

Une technique d’alimentation nommée engouffrement latéral (lunge feeding) est souvent utilisée par les rorquals communs pour se nourrir des proies qui sont près de la surface de l’eau. Le VGB est une adaptation morphologique qui leur permet d’ouvrir et de distendre leur bouche et d’engloutir une grande quantité d’eau contenant des proies. Par la suite, ils filtrent l’eau grâce à des fanons situés dans la partie supérieure de leur cavité orale et gardent seulement les proies. (Vogl et al., 2017) Toutefois, cette technique requiert énormément d’énergie. Ils doivent donc cibler des agrégations de proies pour limiter le nombre d’engouffrements. (Goldbogen et al., 2010)

COMPORTEMENT ET DIÈTE

Le rorqual commun de l’Atlantique du Nord se nourrit principalement du crustacé Euphausiidae (aussi connu sous le nom de krill), mais peut aussi se nourrir à l’occasion de poisson, notamment de capelan, de hareng et de merlan bleu. (The IUCN red list of threatened species, 2018)  (Fin Whale - NAMMCO, n.d.) De façon générale, ces rorquals se nourrissent l’été en haute latitude, à raison d’environ 3 tonnes de nourriture par jour, pour ensuite entrer en période de jeûne à l’hiver où ils migrent en basse latitude et utilisent leurs réserves énergétiques. (Cabrera et al., 2019) (Fin Whale - NAMMCO, n.d.) (Borrell et al., 2016) Toutefois, des études ont démontré que malgré ce comportement typique de migration des cétacés, le rorqual commun peut être présent à l’année longue dans sa zone de distribution, peu importe la latitude. (The IUCN red list of threatened species, 2018) (Baines et al., 2017) (Fin Whale - NAMMCO, n.d.) Ils peuvent se déplacer de façon solitaire, ou en groupe lors des saisons d’accouplement et d’alimentation en pleine mer. (Fin Whale - NAMMCO, n.d.) (Stimpert et al., 2015)

 

Les rorquals communs sont aussi reconnus pour produire différents types de chants dépendamment de la position géographique et la saison. (Stimpert et al., 2015)(Weirathmueller et al., 2017)

DISTRIBUTION (Braulik 2019)
LONGUEUR
19 - 21 m
POIDS MOYEN
45 - 75 tonnes
LONGÉVITÉ (ESTIMÉE)
80 - 90 ans
PROJET DE RECHERCHE DU CERSI

Le projet de recherche du CERSI se penche sur l’évaluation du bien-être des rorquals communs du Saint-Laurent au niveau individuel. Plusieurs facteurs sont pris en compte pour chaque animal comme les indicateurs physiques, comportementaux, physiologiques et environnementaux. Le but est de produire une image globale de leur bien-être et de leur santé de cette espèce pour mieux la conserver et évaluer les impacts des activités humaines.

Références :

 

Acevedo-Gutiérrez A, Croll DA, Tershy BR. High feeding costs limit dive time in the largest whales. Journal of Experimental Biology 2002;205.

Baines M, Reichelt M, Griffin D. An autumn aggregation of fin (Balaenoptera physalus) and blue whales (B. musculus) in the Porcupine Seabight, southwest of Ireland. Deep-Sea Research Part II: Topical Studies in Oceanography 2017;141:168–77. https://doi.org/10.1016/j.dsr2.2017.03.007.

Borrell A, Gómez-Campos E, Aguilar A. Influence of reproduction on stable-isotope ratios: Nitrogen and Carbon Isotope discrimination between mothers, fetuses, and milk in the fin whale, a capital breeder. Physiological and Biochemical Zoology 2016;89:41–50. https://doi.org/10.1086/684632.

Cabrera AA, Hoekendijk JPA, Aguilar A, Barco SG, Berrow S, Bloch D, et al. Fin whale (Balaenoptera physalus) mitogenomics: A cautionary tale of defining sub-species from mitochondrial sequence monophyly. Molecular Phylogenetics and Evolution 2019;135:86–97. https://doi.org/10.1016/j.ympev.2019.02.003.

Fin Whale - NAMMCO. n.d. https://nammco.no/topics/fin-whale/#1475845220355-579f0567-e59c (accessed July 6, 2020).

Goldbogen JA, Potvin J, Shadwick RE. Skull and Buccal Cavity Allometry Increase Mass-Specific Engulfment Capacity in Fin Whales. vol. 277. 2010.

Schleimer A, Ramp C, Delarue J, Carpentier A, Bérubé M, Palsbøll PJ, et al. Decline in abundance and apparent survival rates of fin whales (Balaenoptera physalus) in the northern Gulf of St. Lawrence. Ecology and Evolution 2019;9:4231–44. https://doi.org/10.1002/ece3.5055.

Stimpert AK, DeRuiter SL, Falcone EA, Joseph J, Douglas AB, Moretti DJ, et al. Sound production and associated behavior of tagged fin whales (Balaenoptera physalus) in the Southern California Bight. Animal Biotelemetry 2015;3:23. https://doi.org/10.1186/s40317-015-0058-3.

THE IUCN RED LIST OF THREATENED SPECIESTM. 2018. https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2018-2.RLTS.T2478A50349982.en.

Vogl W, Petersen H, Adams A, Lillie MA, Shadwick RE. The Functional Anatomy of Nerves Innervating the Ventral Grooved Blubber of Fin Whales (Balaenoptera Physalus). Anatomical Record 2017;300:1963–72. https://doi.org/10.1002/ar.23649.

Weirathmueller MJ, Stafford KM, Wilcock WSD, Hilmo RS, Dziak RP, Tréhu AM. Spatial and temporal trends in fin whale vocalizations recorded in the NE Pacific Ocean between 2003-2013. PLoS ONE 2017;12. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0186127.

Yu J, Nam BH, Yoon J, Kim EB, Park JY, Kim H, et al. Tracing the spatio-temporal dynamics of endangered fin whales (Balaenoptera physalus) within baleen whale (Mysticeti) lineages: a mitogenomic perspective. Genetica 2017;145:603–12. https://doi.org/10.1007/s10709-017-9988-4.

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